Pour comprendre pleinement la place prépondérante qu’occupe aujourd’hui cet actif numérique, il est essentiel de remonter à ses origines conceptuelles. Tout a commencé en janvier 2012, lorsque J.R. Willett a publié un livre blanc révolutionnaire décrivant la possibilité de construire de nouvelles couches monétaires au-dessus du protocole Bitcoin existant. Cette idée novatrice a conduit à la création du Mastercoin, dont la fondation associée visait à promouvoir cette technologie de “seconde couche”. C’est sur les bases de ce protocole que l’architecture technique du futur stablecoin a été érigée, avec la participation active de membres clés de la Fondation Mastercoin, tels que Brock Pierce et Craig Sellars, qui deviendront plus tard les cofondateurs de l’entité que nous connaissons aujourd’hui.
Le précurseur direct du projet portait initialement le nom de “Realcoin”. Annoncé en juillet 2014 par une équipe basée à Santa Monica, ce projet ambitieux a émis ses premiers jetons sur la blockchain Bitcoin en utilisant le protocole Omni Layer. Cependant, une phase de rebranding stratégique a rapidement suivi. Le 20 novembre 2014, Reeve Collins a dévoilé la nouvelle identité du projet, marquant le début d’une nouvelle ère. Si vous souhaitez approfondir les aspects techniques et l’expansion multi-chaînes, vous pouvez continuer ici votre lecture. La société est alors entrée dans une phase bêta privée, introduisant des jetons adossés à trois devises majeures : le dollar américain, l’euro et le yen japonais. À cette époque, l’entreprise affirmait avec assurance que chaque jeton était garanti à 100 % par sa devise d’origine, une promesse qui visait à éliminer tout risque de change pour les utilisateurs.
L’expansion technologique ne s’est pas arrêtée là. Au fil des années, le projet a dû s’adapter aux besoins croissants de liquidité et de rapidité du marché. En juin 2017, une intégration sur la couche Omni de Litecoin a été annoncée, suivie rapidement par une décision stratégique majeure : le lancement de jetons ERC-20 sur la blockchain Ethereum. Cette diversification a permis à l’actif de devenir omniprésent dans l’écosystème de la finance décentralisée (DeFi).
Voici les différentes formes techniques sous lesquelles l’actif a été déployé au fil du temps :
- Le jeton original basé sur le dollar américain fonctionnant sur la couche Omni de Bitcoin.
- La version adossée à l’euro, également émise via le protocole Omni.
- Le jeton standardisé ERC-20 sur Ethereum, adossé au dollar, qui est devenu extrêmement populaire.
- La variante ERC-20 adossée à l’euro, facilitant les transactions sur le marché européen.
Cependant, l’histoire de l’entreprise est également marquée par des révélations troublantes. Les Paradise Papers de novembre 2017 ont mis en lumière des liens étroits et jusqu’alors opaques entre la plateforme de trading Bitfinex et Tether Holdings Limited. Les documents ont révélé que Philip Potter et Giancarlo Devasini avaient établi la holding dans les îles Vierges britanniques dès 2014. Bien que les représentants des deux entités aient longtemps affirmé qu’elles étaient totalement séparées, il a été confirmé plus tard que Jan Ludovicus van der Velde occupait le poste de directeur général pour les deux entreprises, soulevant des questions légitimes sur la centralisation du pouvoir et les conflits d’intérêts potentiels.